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La fable de la tribu inconnue


Ricardo Uztarroz ancien correspondant de l’AFP au Brésil et au Pérou.
QUOTIDIEN : vendredi 29 août 2008

De leurs plumes acérées, Esope ou Jean de La Fontaine en auraient assurément extrait une acide fable dont la probable morale eût été : «La ruse la mieux ourdie/ Peut nuire à son inventeur/Et souvent la [supercherie]/ Retourne à son auteur » (1).

A peine découverte, l’Amazonie a engendré une multitude de mythes : femmes guerrières, les Amazones, au sein amputé pour mieux bander leur arc, l’Eldorado («le Doré»), prince introuvable qui s’immergeait, le corps enduit de poussière d’or, tous les ans dans un lac en hommage au Soleil, acéphales, êtres sans tête ayant les yeux sur les pectoraux, le nez au milieu du thorax, la bouche un peu au-dessus du nombril et les cheveux sur le dos, géants trois fois plus grands que le commun des mortels, rois blancs adoptés et vénérés par des peuplades indigènes emplumées, mystérieuses villes fortifiées dont, pour l’instant, on n’a toujours pas trouvé le moindre vestige, Indiens blancs et blonds survivants d’un hypothétique naufrage, ruines de cités monumentales de pierre enfouies au cœur de la jungle bâties par les rescapés de l’Atlantide, et, dernier avatar à ce jour de cette série non exhaustive, la tribu inconnue vivant cachée au plus profond de la jungle.

Le 30 mai dernier (2008), des photos attestant de la découverte inopinée de l’une d’elles firent le tour du monde.

L’ébahissement fut universel. Ainsi, il existait encore dans les franges de notre planète des êtres qui avaient échappé au rouleau compresseur de la société occidentale.

Cependant, la nouvelle laissa sceptiques tous ceux qui s’intéressent, avec sérieux, au sort inexorable de l’ultime grande forêt tropicale, à savoir sa lente et implacable destruction. Car il était acquis depuis la fin des années 1980 que de tribus inconnues, il n’en existait point. La confirmation de ce doute ne tarda guère.

Le jour même, acculé par un journaliste, Felix da Silva, du site d’informations espagnol Soitu.es, l’auteur des clichés, un fonctionnaire de la Funai, l’agence gouvernementale brésilienne de protection des populations indigènes, Juan Carlos Meirelles Junior, spécialiste des groupes indiens dits «isolés» ou «non-contactés», convenait que la tribu en question était connue tout bonnement depuis 1910.

(1) La Fontaine,«La Grenouille et le Rat».La citation exacte est : «et souvent la perfidie/ Retourne à son auteur».


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Grossière supercherie


Au demeurant, pour la localiser du haut de son Cessna Skylane dans la touffeur de la jungle, contrairement à ce qu’il avait suggéré, il n’avait pas rencontré de grandes difficultés puisqu’une carte, consultable depuis des mois sur le site de la Funai, donne son emplacement exact, sur la rive gauche de la rivière Envira, dans l’Etat d’Acre, à une cinquantaine de kilomètres au nord de la frontière péruvienne. Qui plus est, il était, lui-même, personnellement chargé de son observation et protection depuis vingt ans. Pourtant, cela ne l’avait pas empêché la veille de soutenir que cette tribu était une tribu «péruvienne» menacée «par l’exploitation illégale de la forêt» dans «son pays», etqui n’avait pas eu d’autre ressource que de fuir en territoire brésilien.

Un peu plus de trois semaines après, The Guardian revenait dans son supplément hebdomadaire, The Observer, à la charge, obligeant Survival International, une ONG anglaise, à l’origine de la diffusion mondiale de ces photos dont l’une montre deux Indiens sur le point de décocher une flèche en direction de l’avion qui les photographie, à s’expliquer sur ce qui s’imposait dorénavant comme une grossière supercherie.
Elle répliquait en affirmant qu’elle n’avait jamais prétendu qu’il s’agissait d’une tribu «inconnue». Il faut lui en donner acte mais, elle aussi, elle doit convenir que la formulation de son communiqué qui accompagnait les photos induisait le malentendu. Voici ce qu’écrivait Survival : «Des Indiens parmi les derniers groupes isolés au monde ont été repérés et photographiés par un avion […].»

Source: Libération http://www.liberation.fr/rebonds/348167.FR.php

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Les derniers

Dans ce contexte, le sens de repérer n’est pas loin d’être synonyme de trouver ou de découvrir, et isolés suggère, à notre imaginaire de «civilisés», presque automatiquement inconnus.
Les deux ultimes tribus réellement inconnues ont été découvertes en 1988, en Colombie, les Nukak Maku, et en 1989, au Brésil, les Zo’e, dont la caractéristique est d’avoir la lèvre inférieure percée par un gros morceau de bois cylindrique.

Les ethnologues Jorge Restrepo et Dominique Gallois, qui furent dépêchés par les autorités de leur pays pour les étudier, constatèrent que ces Indiens inconnus avaient déjà eu des contacts plus ou moins épisodiques, depuis longtemps, avec des missionnaires évangéliques de l’église protestante américaine New Tribes Mission, très active en Amazonie, qui avaient jalousement gardé le secret leur découverte.
Concernant les Nukak Maku, leur rencontre avec «l’homme blanc» a été antérieure à l’arrivée de ces missionnaires. Les premiers «civilisés» qu’ils ont vus, sans doute au début des années 1960, ont été des guérilleros, leur territoire se trouvant au cœur de ce qui allait devenir le sanctuaire des Farc, dans le département de Guaviare, là où a été détenue Ingrid Betancourt. Estimés à quelque trois cents individus, la moitié d’entre eux, chassés par la guerre, croupissent dans un campement appelé Aguabonita(«eau belle») dans la banlieue du chef-lieu du département San José de Guaviare, à 400 km au sud-est de Bogotá.

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Serait-il vraiment impossible ?

Continuer à imaginer de nos jours que des êtres humains puissent vivre cachés au plus profond d’une jungle n’a pas le moindre fondement car, au plus profond de la jungle, la vie humaine y est impossible, tout simplement parce qu’on y meurt de faim et de soif.
Au cœur de l’Amazonie, c’est le règne de la pourriture, de l’humus, des insectes, de quelques reptiles. La vie humaine n’y est possible que sur les berges des rivières. Or, celles-ci avaient toutes été explorées à la fin des années 1950 et, par la même occasion, à l’exception des Nukak Maku et des Zo’e, toutes les tribus avaient été dûment recensées.
Quant aux groupes dits «isolés», comme le souligne l’anthropologue mexicain Rodolfo Stavenhagen, «ce ne sont pas des populations non contactées par la civilisation mais des groupes qui ont fui ce contact et renoué avec leur vie ancestrale». Souvent pour des raisons de survie, et notamment de consanguinité, tôt ou tard, ces Indiens isolés rejoignent le tronc principal de leur tribu pour, peut-être, s’en séparer une nouvelle fois plus tard.

Les conditions de vie en Amazonie rendent impossible les grosses concentrations humaines. Ainsi, les Xavantes, qui sont à peu près 10 000, se répartissent en quelque soixante-dix petits groupes d’une centaine d’individus, éparpillés sur un vaste territoire, donc forcément isolés les uns des autres. En fait, l’isolement dans les civilisations indiennes d’Amazonie n’est pas l’exception, mais la règle.

Les kuikuros et la technologie


Les kuikuros preservent la tradition avec l'aide de la technologie



Les kuikuros, en nombre supérieur à 500 indiens, parlent la langue caribe et ils habitent dans la région du fleuve Xingu.

L'oganisation des tribus avec une place centrale circulaire existe depuis centaines d'années et des recherches indiquent qu'ils y vivent depuis l'an 1000.

La pêche et la manioc sont ses principales activités, comme les autres peuples indigènes du Xingu.

Xamanismo



Les indigènes Kátia Hushahu e Raimunda Putani (Etat de l'Acre, Nord du Brésil)

Mostra de Venise - Birdwatchers

65e Mostra de Venise :
le sort d'une population amérindienne émeut la Mostra

VENISE (AFP) — La lutte des Indiens guaranis pour exister au sein de la société brésilienne et le désespoir qui les mène au suicide dans les réserves où ils sont forcés de vivre a ému la Mostra avec "Birdwatchers", entré en compétition pour le Lion d'or lundi.

Le long-métrage, en compétition pour le Lion d'Or, évoque le sort des Amérindiens parqués dans des réserves au Brésil et victimes d'une série de suicides en raison de leur existence les empêchant de vivre pleinement leur culture et traditions.

Un film émouvant qui devra également affronter "Milk" des Turcs Semih Kaplanoglu et Melih Selçuk, qui suit le parcours d'un petit garçon, poète à ses heures perdues.

Treize des 21 films en lice pour les prix remis le 6 septembre 2008 par le président du jury, le cinéaste allemand Wim Wenders, ont été dévoilés.

Peu d'entre eux ont séduit, cette 65e édition s'avérant à ce stade plutôt décevante, estiment nombre de critiques.

Lundi, le film d'animation "Ponyo on the cliff by the sea" du Japonais Hayao Miyazaki, arrivait en tête des avis positifs, tant des critiques que du public, compilés par Ciak, le magazine du festival.

Troisième des quatre films italiens en compétition cette année - ce qui en fait une sélection trop "nationaliste", a critiqué l'hebdomadaire allemand Der Spiegel -, "Birdwatchers", de l'Italo-argentin Marco Bechis, a été bien reçu.

Une barque glisse en silence sur une rivière, au coeur d'une forêt du Mato Grosso du sud, à la frontière entre le Brésil et le Paraguay.

Des touristes y observent aux jumelles un groupe d'Amérindiens, le visage peinturluré de rouge et l'arc à la main, sur la rive.

Ils se dévisagent en silence, puis les Amérindiens s'en retournent dans la forêt... où ce petit numéro ethnographique est rétribué, tandis que les peintures rituelles disparaissent sous des jean's et des tee shirts.

Cette scène liminaire donne le ton: "Birdwatchers" montre l'envers de l'exploitation, mais aussi la fascination réciproque qui, dans la région, lie les Guaranis aux descendants de colons aujourd'hui propriétaires de vastes exploitations de soja transgénique.

Le film suit la révolte menée par le chef Nadio (Ambrosio Vilhalva) qui après le suicide de deux adolescentes, décide de retourner avec quelques familles, sur la "terre des ancêtres".

Ils campent le long d'une vaste propriété terrienne ou fazendeira, et sont bientôt surveillés jour et nuit, par un employé armé.

Evitant tout manichéisme, Marco Bechis dépeint finement le face-à-face qui s'instaure, fait d'intimidations et d'esquives mais aussi de tentatives d'approche, en particulier l'idylle entre Osvaldo (Abrisio Da Silva Pedro), l'apprenti shaman, et la fille du propriétaire.

Il montre l'impasse où se trouve une population privée de la forêt, aujourd'hui rasée, qui lui permettrait de vivre selon leur culture ancestrale.

La musique baroque du film a été composée au XVIIIe siècle par un missionnaire jésuite venu christianiser les Guaranis, a expliqué le cinéaste, qui a enquêté avec le concours de l'ONG Guarani-Kaiowa Survival.

"Les Guaranis-Kaiowa ont survécu à l'un des plus grands génocides de l'Histoire", a affirmé Marco Bechis, auteur en 1999 de "Garage olimpo" qui évoque les tortures perpétrées par la dictature argentine (1976-1983).


Lundi la Mostra a découvert deux autres films en compétition.

"Milk" des Turcs Semih Kaplanoglu et Melih Selçuk, suit Yusuf, un garçon doué pour la poésie qui vit avec sa mère veuve et l'aide à faire des fromages, à la campagne.

Lent et très inégal, "Milk" a découragé une partie de l'audience, déjà clairsemée, de la projection de presse, en multipliant les plans "auteuristes": mise au point volontairement floue, éblouissante lumière électrique en gros plan pendant plusieurs minutes...

L'Américain "Vegas: based on a true story" d'Amir Naderi, suit la dérive d'une famille modeste de Las Vegas, persuadée d'avoir un trésor enfoui dans le jardin. Cette petite tragi-comédie originale se prêtait davantage à un court-métrage.

Source: AFP, CinéActu et Moncinema.

Les Indiens au Brésil


Les Indiens du Brésil constituent des sociétés très diverses, parlant un grand nombre de langues issues de différentes familles linguistiques. Ils vivent dans des environnements aussi variés que des forêts tropicales humides, des savanes, des forêts d'épineux ou des déserts.

Depuis l'arrivée des Européens, les Indiens du Brésil ont subi un génocide à très grande échelle et ont été spoliés de la plupart de leurs terres. Aujourd'hui certaines d’entre elles sont toujours aux mains de propriétaires terriens, exploitées dans le cadre de projets industriels, ou bien envahies par des mineurs ou des colons.

Les Indiens sont aujourd'hui encore parmi les citoyens les plus marginalisés et les plus vulnérables du Brésil. Ils sont toujours victimes des maladies transmises par les envahisseurs, de malnutrition lorsqu'ils sont privés de leurs territoires de chasse, ou bien encore de la violence perpétrée par les hommes de main recrutés par les fermiers et les propriétaires terriens pour les chasser de leurs terres. Un racisme profondément enraciné vis-à-vis des Indiens est à l'origine de cette situation - ils sont toujours légalement considérés comme des mineurs.

L'exigence première des Indiens est de pouvoir exercer le contrôle de leurs terres - le Brésil est l'un des deux seuls pays d'Amérique du Sud qui ne reconnaît pas encore leurs droits à posséder la terre. Si les Indiens du Brésil étaient reconnus comme des propriétaires à part entière, cela leur apporterait une réelle protection contre les individus ou les entreprises qui les envahissent et détruisent leurs modes de vie et souvent leurs vies mêmes.


Source : Survival International France - www.survival-international.org

Les Indiens au Brésil depuis 2002

Yanomami

En septembre 2002, le PT, parti actuellement au pouvoir au Brésil, s'était engagé, dans son manifeste électoral « Engagements envers les peuples indigènes », à « reconnaître et de garantir les droits à la terre et à l'autodétermination » des peuples indigènes du Brésil et à mener un « combat contre l'impunité de ceux ayant commis des crimes envers les Indiens ».

Les Indiens avaient alors accueilli avec espoir ces engagements.

Pourtant, les Indiens continuent de subir le déni de leurs droits territoriaux, l'invasion et l'occupation illégales de leurs terres, et sont toujours victimes de violences et du pillage leurs ressources. La Fondation nationale de l'Indien (FUNAI) a vu son budget réduit de 8% en 2004, retardant encore un peu plus la démarcation et la protection des terres indiennes. Les auteurs de crimes contre des Indiens jouissent encore d'une totale impunité.

Un grand nombre de projets de loi proposés au Congrès brésilien pourraient, s'ils étaient retenus, saper les garanties constitutionnelles portant sur la démarcation et la protection des terres indigènes et l'approbation par le Congrès d'un nouveau 'statut de l'Indien' plus favorable se fait toujours attendre.

Le Brésil a ratifié la convention 169 de l'OIT en juin 2002 et cette dernière est rentrée en application le 19 avril 2004. La convention stipule que « Les gouvernements doivent en tant que de besoin prendre des mesures pour identifier les terres que les peuples intéressés occupent traditionnellement et pour garantir la protection effective de leurs droits de propriété et de possession » (article 14 alinéa 2). Malheureusement, le gouvernement a depuis démontré une regrettable propension à céder devant les groupes d'intérêts économiques et politiques.


Source : Survival International France -
www.survival-international.org

Le statut d'Indien au Brésil


Les Indiens sont, depuis 1973, soumis aux dispositions du Statut de l'Indien qui les place sous la tutelle de l'Etat, faisant d’eux des mineurs devant la loi.

Un droit de « possession permanente » sur les terres qu'ils occupent depuis des temps « immémoriaux » leur est théoriquement accordé, à l'exclusion du sous-sol, l'Etat fédéral étant garant de l'exercice de ces droits en tant que propriétaire des terres.

Au début des années 1980, un document du gouvernement brésilien, soucieux de transformer le statut des Indiens, élabora des critères d'« indianité » ; les individus définis comme « Indiens » continuant à être privés de nombreux droits sociaux et politiques. Ceux qui n'étaient pas « Indiens » d'après ces critères, notamment tous ceux qui parlaient le portugais, seraient « émancipés », c'est-à-dire ne seraient plus considérés comme mineurs devant la loi mais perdraient tout droit de vivre sur les terres indigènes et de les utiliser. Des protestations s'élevèrent du monde entier et le gouvernement dû faire marche arrière.

Le texte de la Constitution de 1988 offre une situation plus favorable aux Indiens. Elle indique que “Les Indiens doivent se voir reconnaître leurs organisations sociale, leurs coutumes, leurs langues, leurs croyances et leurs traditions, ainsi que leurs droits originels sur la terre qu’ils occupent traditionnellement...”.

L'assimilation n’est plus mentionnée et les droits historiques des Indiens sur les terres qu'ils occupent reconnus. L'état a obligation de reconnaître légalement ces terres - qui demeurent néanmoins sa propriété - en procédant à leur démarcation et en garantissant les droits de possession permanente et d'usufruit exclusif des ressources qui s'y trouvent. La Constitution de 1988 prévoit également des mesures dans les domaines de l'éducation, de la santé et de la protection des savoirs traditionnels indigènes sur la biodiversité.

Source : Survival International France -
www.survival-international.org

Le droit à la terre


Seulement un peu plus de la moitié des territoires indigènes ont été ratifiés par le gouvernement et environ 20% n'ont même pas été identifiées ou ne sont qu'au premier stade de l'identification, en violation flagrante avec la Constitution du Brésil qui stipule que tous les territoires indigènes devaient être reconnu au 31 octobre 1993.

Plusieurs milliers d'Indiens vivent confinés dans des réserves surpeuplées, coupés de leurs terres ancestrales et sans aucun moyen d'assurer leur subsistance. Cette situation a conduit à des conflits internes qui se traduisent par le suicide, l'homicide et un très fort taux d'alcoolisme.
La plus tragique réaction à la spoliation de leurs terres et au déplacement forcé est l'exceptionnel taux de suicide qui sévit parmi les plus jeunes. Entre 1986 et 1999, 304 suicides ont été enregistrés dans les communautés guarani. Plus de 1% de la population guarani a volontairement mis fin à ses jours, ce qui représente le taux de suicide le plus élevé au monde.

Source : Survival International France -
www.survival-international.org

Le droit à la vie

Yanomami


La plupart des crimes perpétrés à l'encontre des Indiens restent impunis, leurs auteurs n'étant jamais présentés devant un tribunal ni même condamnés, et ce malgré l'engagement du gouvernement à mettre un terme à l'impunité qui règne.

Marcos Veron, un leader guarani, fut battu à mort en janvier 2003 alors qu'il défendait sa communauté qui venait de se réinstaller sur sa terre. Malgré une brève enquête de police ainsi que plusieurs arrestations, aucune condamnation n'a, à ce jour, été prononcée.

Durant ces trente dernières années, au moins 12 Makuxi ont été assassinés par les hommes de main des propriétaires terriens de la région. Personne n'a encore été poursuivi et condamné pour ces crimes qui restent impunis.

Source : Survival International France - www.survival-international.org


Le droit à la santé


Plusieurs programmes de santé destiné aux Indiens menés avec succès par des ONG ne sont plus financés et dans certaines régions, les répercussions sont catastrophiques sur le plan de la santé et de la mortalité.

Faute de soins et de vaccination, huit Yanomami sont décédés entre juillet et novembre 2004 et 17 Indiens de la vallée du Javari entre 2003 et 2004. Selon la Fédération régionale indigène, le taux de mortalité infantile dans le haut Rio Negro est monté à 82,9/1 000 en novembre 2004 alors que le taux national est de 27,5/1 000.

Dans trois communautés guarani visitées en décembre 2004, 31,7% des enfants souffraient de malnutrition et 14% de malnutrition grave.

Ces taux élevés s'expliquent principalement par le fait que les Indiens ne peuvent survivre sur le peu de terre qu'ils occupent actuellement en attendant que la justice reconnaisse leurs droits territoriaux.

Source : Survival International France -
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Guarani


Les Guarani sont parmi les premiers peuples contactés par les Européens à leur arrivée en Amérique du Sud il y a plus de 500 ans. Environ 30 000 au Brésil, ils représentent la plus nombreuse population indigène du pays; d'autres Guarani vivent en Argentine, au Paraguay et en Bolivie.

Les Guarani ont terriblement souffert du vol de presque toutes leurs terres, des milliers d'entre eux sont maintenant entassés sur de très petites parcelles, de plus en plus cernées par les fermes d'élevage et les plantations.

La terre dont ils disposent n'est pas suffisante pour qu'ils puissent subsister de leurs activités traditionnelles: la chasse, la pêche et l'horticulture. Ce qui cause leur exploitation, par les fermiers et les propriétaires, comme main-d'oeuvre bon marché.

Cette situation a conduit à de graves dépressions et une vague de suicide dans les communautés : 320 Guarani se sont suicidés entre 1986 et le début de l'an 2000, le plus jeune n'étant âgé que de neuf ans.

Les Kaiowá, l’un des trois groupes guarani, ont résisté au contact avec les colonisateurs pendant plusieurs siècles, trouvant refuge dans les forêts luxuriantes de la région. En 2003, son leader Marcos Veron a été frappé à mort par des hommes de main à la solde des propriétaires terriens lorsque la communauté, après de nombreuses tentatives, était retournée sur la terre dont elle avait été expulsée dans les années 1950.

Les membres de la communauté occupent actuellement une petite fraction de leur territoire depuis que le tribunal a décidé qu’ils pouvaient y rester jusqu’à ce que la Funai ait légalement ‘identifié’ la zone.

Peu de temps avant sa mort, Marcos avait déclaré : ‘Cette terre représente ma vie, mon âme. Si vous m’éloignez de ces terres, vous m’ôtez la vie’.

Source : Survival International France - www.survival-international.org

Awá


Les Awá seraient au nombre de 350. 250 d'entre eux, précédemment contactés, vivent dans quatre territoires indigènes et la Funai estime que qu’encore une centaine d’entre eux nomadisent.

Au tout début du XIXe siècle, les Awá ont abandonné la vie sédentaire et l'agriculture pour la vie nomade afin d'échapper aux violentes attaques des envahisseurs européens. Victimes des tentatives d'extermination, perverses et systématiques, de la part des fermiers et des colons, beaucoup d'entre eux ont été contactés par la Funai ces quinze dernières années.

Quelques-uns vivent dans des postes gouvernementaux mais beaucoup sont encore nomades, sans contact connu avec l’extérieur. Tous assurent leur subsistance par la chasse et la cueillette; les groupes nomades, très mobiles, ne comportent pas plus de 20 ou 30 personnes.

En 1982, le Brésil entreprit de cadastrer tous les territoires indiens de la région, condition imposée par la Banque mondiale à l'attribution d'un prêt finançant un projet industriel de développement; les fonds de la Banque mondiale ont été réservés à cette fin mais jusqu'à aujourd'hui le territoire des Awá n'a pas encore été cadastré et l'accroissement des empiètements de ce territoire par l'industrialisation, les fermiers et les colons expose les Indiens à la violence et aux maladies. Les Awá resteront vulnérables tant que leur terre ne sera pas légalement protégée.

Source : Survival International France -
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Démographie


On estime que 5 millions de personnes représentant au moins 1000 groupes vivaient au Brésil lorsque les Européens y débarquèrent en 1500. Cinq siècles de massacres, de tortures, de maladies et d'exploitation ont ravagé cette population indigène.

En moyenne, une tribu a disparu tous les deux ans durant le XXe siècle.

Réduits à environ 100 000 personnes à la fin des années 1950, les Indiens au Brésil sont aujourd’hui près de 350 000, répartis en 200 groupes dispersés dans quasiment toutes les régions de ce vaste pays, parlant un grand nombre de langues issues de différentes familles linguistiques.

Il n'existe pas de recensement officiel spécifique des Indiens du Brésil. Les estimations les plus récentes proviennent d'organisations gouvernementales (comme la Funai) ou non gouvernementales. Les estimations oscillent ainsi entre 345 000 personnes (Funai) et 399000 (Funasa, Fondation nationale de la santé). Il faut ajouter à ces chiffres les Indiens urbanisés, mal connus des institutions, estimés entre 100 et 350 000 personnes.

Les Indiens du Brésil représentent donc entre 0,2 et 0,4% de la population totale brésilienne.

La population amérindienne du Brésil compte plus de 200 ethnies :

- Une quinzaine compte moins de 50 membres, parfois même une dizaine seulement.

- Il y a au moins 50 groupes d’Indiens non contactés au Brésil, plus que partout ailleurs dans le monde
- L'immense majorité (plus de 70%) compte moins de 1 000 personnes

- Seuls sept peuples représentent plus de 10 000 personnes (entre autres les Yanomami) dont trois plus de 20 000 personnes : les Kaingang, les Tikuna et les Guarani.

Leur expérience de contact avec les Européens est également très variée : certains d'entre eux, comme les Guarani des terres arides du sud du Brésil, sont en contact avec les Blancs depuis 500 ans; d'autres ne le sont que depuis très récemment; enfin certains groupes demeurent encore isolés.

La plupart des Indiens du Brésil vivent de chasse, de pêche, de cueillette, et d'agriculture itinérante, principalement en Amazonie. Seuls les groupes non contactés comme les Awá et les Maku d'Amazonie sont totalement nomades et vivent exclusivement de chasse et de cueillette.

Source : Survival International France -
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180 langues


On estime qu'environ 180 langues sont parlées au Brésil dont 140 uniquement en Amazonie alors que plus de 1 200 langues étaient parlées avant la conquête du pays. 110 langues indiennes ont chacune moins de 400 locuteurs.


Source : Survival International France -
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