Situation actuelle



Le peuple Potiguara occupe traditionnellement leurs terres dans

  • l'état de Paraíba (Terre indigène Potiguara, terre indigène Jacaré de São Domingos et terre indigène Monte-Mor)
  • l'état du Ceará (Terre indigène Monte Nebo, terre indigène Mundo Novo/Viração ou Serra des Matas).

Sa population est une des plus nombreuses du Brésil, étant le peuple avec le plus grand nombre de membres au nordest du pays, avec environ 13.547 personnes, vivant dans 26 villages (aldeias), mais aussi dans des villes telles Baía da Traição, Marcação, Rio Tinto, Mamanguape, João Pessoa et même à Rio de Janeiro.

Bora

Asurini

Pataxos

Xerente

Kamaiura

Tupi

Guarani

Xavante

Kuikuro

Xavante

Origines

Origines

L'origine de ces peuples indigènes est encore une matière de discussion parmi les archéologues. Le traditionnel point de vue qui les relie à la migration sibérienne vers l’Amérique à la fin de la dernière glaciation, a de plus en plus les faveurs des archéologues d'Amérique du Sud.

Hypothèse de la glaciation sibérienne

Des faits anthropologiques et génétiques montrent que beaucoup de peuples d’origine américaine descendent de la première vague de peuples migrants du nord de l'Asie (Sibérie) qui entrèrent par le détroit de Béring en au moins trois vagues séparées. Au Brésil, particulièrement, beaucoup de tribus qui y vivaient en 1500, descendaient de la première vague qui y était arrivée par le détroit à la fin de la dernière glaciation, vers 9000 avant JC.

La vague de migration d'environ 9000 avant JC, serait arrivée au Brésil vers 6000 avant JC pénétrant le bassin du rio Amazone du Nord-ouest. La deuxième et la troisième vagues vinrent de la Sibérie et ont formé les peuples d'athabaska et eskimo et n'ont pas dépassé les uns le sud des États-Unis et les autres le Canada.

Hypothèse des aborigènes américains

La thèse traditionnelle citée plus haut a été contestée à cause de trouvailles de restes humains en Amérique du Sud qui seraient trop vieux pour l'étayer : ils auraient environ 20000 ans. On affirme que quelques trouvailles récentes (par exemple le squelette de Luzia à Lagoa Santa) sont morphologiquement différentes du génotype asiatique et sont plus proches des aborigènes africains et australiens. Ces peuples aborigènes auraient ensuite été absorbés par les émigrants d’origine sibérienne. Les natifs de la Terre de Feu à l'extrémité sud du continent américain sont peut-être les derniers descendants de ces populations aborigènes.

Ces premiers émigrants auraient traversé l’océan ou auraient voyagé le long de la cõte et auraient pénétré en Amérique par le détroit de Bering bien avant les vagues sibériennes. Cette théorie est rejetée par beaucoup de spécialistes parce que le parcours leur semble trop difficile.

Restes archéologiques

Pratiquement, toutes les preuves archéologiques sur la préhistoire du Brésil datent de la période postérieure aux vagues d’immigration. Les Indiens brésiliens, au contraire de ceux de la Mésoamérique et des Andes occidentales, n’ont pratiquement pas laissé de monuments en pierre, et le climat humide et l’acidité des sols, ont détruit presque toutes les traces de leur matériel culturel, y compris le bois et les os. Pour cela, ce que nous connaissons de l'histoire de cette région avant 1500 a été déduit et reconstitué par des preuves archéologiques en petite échelle comme de la poterie et des flèches en pierre. Récemment, en mai 2006, une équipe d'archéologues brésiliens a découvert un site archéologique de monuments en pierres dans l'État d'Amapá.

Les restes les plus marquants des sociétés d'avant la découverte sont des tas de coquillages ("sambaquis") trouvés dans certains sites côtiers qui ont été continuellement occupés durant 5000 ans et la terre noire déposée en divers endroits le long de l’Amazone que l'on croit être d'anciens dépôts d'ordures. Des récentes excavations dans de tels dépôts dans le haut et moyen cours de l'Amazone ont montré des restes de quelques grands établissements, contenant de dizaines de centaines de maisons indiquant une structure sociale et économique complexe.

Activités

Économie et culture

Les peuples indigènes du Brésil paraissent avoir subsisté de chasse, de pêche et de cueillette. Ils utilisent des instruments et des flèches en pierres taillées, semblables à celles trouvées dans toutes les Amériques aux époques correspondantes.

Céramique

La poterie a été introduite à une date fort récente. Les poteries brésiliennes utilisent du matériel sophistiqué (comme des pointes de de silice microscopiques obtenues de certaines éponges d'eau douce) pour la fabrication de récipients utilitaires ou de cérémonie, décorés de sculptures, de moulures et de peintures. Cependant, les indigènes ne connaissaient pas le tour de potier.
L’évolution des styles de poterie à divers endroits indique un schéma complexe de migrations internes et de substitutions. En particulier, il semble que les Indiens Tupi-guarani, qui, vers 1500, était la plus grande famille ethnique à l'est des Andes, avaient pour origine une petite tribu de la région amazonique. Elle a semble-t-il migré de son occupation historique du Brésil central vers le Paraguay, au Ier siècle av. J.-C.

Agriculture

Les Indiens brésiliens ont développé ou appris quelques techniques d’agriculture. Certaines, comme le maïs, ont été importées des civilisations plus avancées de l'Ouest des Andes, tandis que le manioc, qui est devenu une des denrées de base de l'alimentation, semble avoir été développée sur place.

Les Indiens brésiliens n’avaient pas animaux domestiques qui puissent être utilisés pour le transport ou pour les travaux des champs. L’agriculture était donc totalement exercée à mains d’homme. Son schéma traditionnel comprenait l’abattage des arbres pour créer une clairière, brûler sur place le bois coupé pour en libérer les nutriments minéraux, planter et récolter. En général, on plantait deux ou plus d’espèces ensemble. Les champs étaient fréquemment abandonnés une fois le sol épuisé.

Des Indiens brésiliens fabriquaient une boisson alcoolisée fabriquée à partir de la fermentation du maïs ou du manioc, selon une technique qui semble être parvenue de l'autre côté des Andes.

Les Indiens à l'époque de la découverte

Quand les découvreurs portugais arrivèrent pour la première fois au Brésil, en avril 1500, ils y trouvèrent, à leur grand étonnement, une terre largement habitée, fourmillant de dizaines de milliers, peut-être de millions d’indigènes vivant dans un paradis de richesses naturelles. Pero Vaz de Caminha, le secrétaire officiel de Pedro Alvares Cabral, le capitaine de la flotte qui avait atterri dans l’État actuel de Bahia, écrivit une lettre au roi de Portugal décrivant sur un ton admiratif la beauté du pays et de ses habitants. Les Indiens, à l'endroit où les Portugais ont abordé, étaient pacifiques et hospitaliers.

Mais ces sentiments mutuels d'étonnement et de bonnes relations disparurent rapidement. Les colonisateurs portugais, peu nombreux, essayèrent de réduire les Indiens en esclavage pour les travaux agricoles. Des groupes de conquérants brutaux organisèrent des expéditions appelées bandeiras dans l’intérieur pour capturer des Indiens et chercher de l'or et des pierres précieuses. Bientôt, ils s'aperçurent que les Indiens n'étaient pas tous les mêmes et que beaucoup de tribus étaient belliqueuses et pratiquaient le cannibalisme.

Rapidement, les Indiens furent atteints par les maladies apportées par les Européens et contre lesquelles ils n'étaient pas immunisés et ils commencèrent à mourir en grand nombre. Beaucoup furent chassés de leurs terres par les conquérants. Ils refusaient d'être réduits en esclave, se suicidant ou fuyant dans l'intérieur. Les Portugais durent donc commencer à importer des esclaves noirs d'Afrique.

Les prêtres jésuites qui étaient venus avec le premier Gouverneur Général pour fournir une assistance religieuse aux colons, mais surtout pour convertir les peuples païens au catholicisme. Ils prirent le parti des Indiens et suscitèrent une Bulle pontificale affirmant que les Indiens étaient humains et devaient être protégés. Des pères légendaires comme José de Anchieta et Manoel da Nóbrega étudièrent et divulguèrent leur langue et fondèrent des établissements mixtes comme São Paulo dos Campos de Piratininga, où les colons et Indiens vivaient les uns à côté des autres, parlant la même Lingua Geral.

Ils commencèrent aussi à créer des villages plus éloignés, peuplés seulement d’Indiens civilisés, appelés missions ou réductions. Il y eut de nombreuses guerres entre certaines tribus comme la Confédération Tamoia. Parfois les Indiens se tournaient contre les Portugais, s'alliant avec les ennemis de ceux-ci, les Français, par exemple, dans le fameux épisode de la France antarctique à Rio de Janeiro. Parfois, il s’alliaient aux Portugais contre d'autres tribus. À peu près à la même époque, un soldat allemand Hans Staden, fut capturé par les Tupinambas et relâché longtemps après. Il a relaté son aventure.

Les Indiens dans le Brésil contemporain

Au XXe siècle, le gouvernement brésilien a adopté une attitude plus humanitaire, leur donnant une protection officielle avec la création des premières réserves indiennes. Le Service national de l’Indien (aujourd'hui la FUNAI ou Fondation Nationale de l'Indien) a été crée par Cândido Rondon, lui-même un Indien bororo et officier supérieur de l'armée brésilienne. Les tribus non-assimilées sont contactées par la FUNAI, aujourd'hui rattachée au ministère de la Justice, et intégrées dans la société brésiliennes à divers degrés. Cependant, cette protection n'est pas toujours suffisante et de nouvelles invasions, expulsions et massacres ont encore lieu.

Aujourd'hui au Brésil, il y a un peu plus de 700 000 Indiens qui occupent 594 zones indigènes sur un total de 100 millions d'hectares (12% du territoire brésilien). 215 ethnies sont répertoriées, utilisant 188 langues et dialectes. En 2002, on a signalé 45 groupes d’indigènes qui n'étaient pas encore entrés en contact avec le reste du monde. Une des tâches de la FUNAI est de tenter de les approcher afin que ce contact soit le moins traumatique possible.

La Constitution de 1988 contient un chapitre sur les Indigènes reconnaissant leurs droits sur les terres qu'ils occupent traditionnellement. Ces terres ont été déclarées inaliénables et « indisponibles ». Le Congrès seul peut en modifier l'usage, cette compétence étant retirée du domaine des tribunaux[3]. Leur démarcation est toutefois toujours en cours sur la base des 594 zones indigènes répertoriées.

Le statut appliqué aux Indiens est un statut dérogatoire. À l'exception d'une petite minorité, ils sont considérés comme des mineurs protégés, dépourvus de droits civiques[4]. Le « Statut de l'Indien » date de 1973 (loi 6001) est toujours appliqué, bien qu'il ne soit plus en conformité avec la Constitution en vigueur. Un projet de loi, déposé en 1991 au Congrès, est toujours discuté. Il soulève de vives discussions, notamment au sein des groupes de pression économiques, qui protestent contre la « sanctuarisation » d'une part aussi importante du territoire national. Les conflits de délimitation, souvent violents, sont aussi fréquents entre les tribus indiennes et les grands propriétaires terriens (fazendeiros).

La difficulté du Brésil à faire face à cette part de son identité peut être symbolisé par les manifestations indiennes qui ont entaché la célébration en 2000 du cinq centième anniversaire de la « découverte » du Brésil par les navigateurs portugais dans l'État de Bahia.

Démarcation des terres

La démarcation des terres indigènes est en cours dans diverses régions du pays. Elle consiste à reconnaître les contours de la réserve, à en marquer les limites sur le terrain et la faire homologuer par l’Union (décret du Président de la République), l’enregistrer chez un notaire (au Brésil : Cartório de Imoveis) comme appartenant au(x) groupe(s) indigène(s) considéré(s).

Très souvent des intérêts particuliers sont menacés comme dernièrement lors de la tentative d’homologation de la réserve Raposa/Serra do Sol déjà démarquée depuis 1998 mais contestée en justice.

Caxibi


Indien Caxibi, par Hercules Florence

Munduruku


Guana

Indiens Guana, par Hercules Florence

Apiaka



Indiens Apiaka, par Hercules Florence

Bororo


Portrait d'un amérindien Bororo, par Hercules Florence, lors de l'expédition conduite en Amazonie brésilienne par le Baron von Langsdorf en Amazonie de 1825 à 1829.

Groupes ethniques

Les groupes ethniques les plus nombreux (+ de 7 500 individus) : (autres noms) et population

Guajajara (Tenetehára) 13 100

Guaraní
- Guarani Kaiowa (Paĩ-Tavyterã) 18 à 20 000
- Guarani Ñandeva (Ava-Chiripa) 8 à 10 000
- Guarani Mbya 6 000

Kaingang (Kanhgág, Caingangue) 25 875

Macuxi (Makuxi, Macushi, Pemon) 19 000 au Brésil et 9 500 en Guyana

Munduruku (Mundurucu, Wuy jug u - auto-dénomination -) 10 065

Pataxó (Pataxô, Pataxó-Hã-Hã-Hãe) 9 700

Potiguara (Petinguara, Pitiguares, Potygoar, Pitiguara, Pitagoar, Potiguares) 10 837

Terena (Guaná) 16 000

Xakriabá 7 665

Xavante (A'uwe, Akwe, Awen, Akwen) 9 602

Yanomami (Ianomâmi, Yanomamõ, Yanomama, Yanoama, Xirianá) 12 000

Autres ethnies

Autres ethnies (- de 7 500 individus)

Nom ethnie
Autre(s) nom(s)
Population

Apinajé
Apinayé, Apinaié
1 262

Aranã
-
30 familles

Ashaninka
Kampa, Asheninka
Brésil : 859
Pérou : 51 000

Atikum
Atikum-Umã
2 743

Awá
Guajá, Wazaizara, Tenetehara, Aiayé, Amanayé, Gwazá
326 en contact et 30 isolés

Aweti
Awytyza, Enumaniá, Anumaniá, Auetö
140

Bakairi
Kurâ, Bacairi)
950

Baniwa
Walimanai, Wakuenai
4 026

Bororo
Boe
1 024

Karipuna
Caripuna
21

Fulni-ô
Kanijó
2 930

Ikpeng
Txikão, Tchicão
319

Ingariko
Ingaricó
Brésil : 674
Guyana : 4 000
Venezuela : 728

Jiripancó
-
-

Kaibi
Caiabi, Kayabi
1 000

Kaimbé
Caimbé
-

Kalabaça
-
-

Kalankó
-
-

Kapon
-
4 866

Kalapalo
Calapalo
417

Kamayurá
Kamayurá, Camaiurá
455

Kambiwá
Cambiuá
1 578

Kaninidé
-
-

Kantaruré
Cantaruré
353

Kapinawá
Capinauá
422

Karajá
Iny
2 500

Karapotó
-
-

Kariri-Xocó
Cariri-Chocó
1 500

Karuazu
-
-

Kiriri
-
1 401

Katukina
Tüküná
289

Kaxinawá
Huni kuin, Cashinauá, Caxinauá
Brésil : 1 400
Pérou : 3 964

Kayapo
Caiapó, Mebêngokrê, Gorotire, A’ukre, Kikretum, Mekrãnoti,
7 096
Kuben-Kran-Ken, Kokraimoro, Metuktire, Xikrin, Kararaô

Korubo
-
-

Krahô
Mehim, Mãkrare, Quenpokrare
2 000

Krenak
Borun
150

Kuikuro
Kuikuru, Cuicuro
450

Matipu
-
119

Maxakalí
Monacó bm, Kumanuxú, Tikmuún
802

Mehinako
Mehinaku
199

Nahukuá
Nafuquá, Nahukuá
105

Ofaié
Opaié, Ofaié-Xavante
62

Palikur
Paricuria, Paricores, Palincur(s), Parikurene, Parinkur-Iéne, Païkwené
Brésil : 918
Guyane : 470

Pankará
-
1 025

Pankarará
Pancararé
1 500

Pankararu
-
5 880

Pankaru
Pankararu-Salambaia
87

Parentintins
-
250

Patamona
-
-

Paiaku
Jenipapo-Kanindé
220

Pipipã
-
-

Pitaguari
Pitagoarí, Pitaguar, Pitavari, Pitiguari
871

Suyá
Suyá Orientaux, Kĩsêdjê
334

Tapirapé
Tapi’irape
501

Tapeba
Tapebano, Perna-de-pau
2 491

Tapuio
Tapuia-Xavante, Tapuia
235

Tremebé
-
5 000

Truká
-
1 333

Trumai
Ho kod ke
+ de 120

Tumbalalá
-
180 familles

Tupinamba
-
-

Tupiniquim
-
1 386

Waiãpi
Guaiapi, Wajãpi, Wayampi, Oyampi, Wayãpy
Brésil : 525
Guyane : 412

Wapixana
Uapixana, Wapishana, Vapidiana, Wapisiana)
Brésil : 6 500
Guyana : 4 000

Wassu
-
1 447

Wauja
Waurá, Vaurá, Aurá, Uaurá
333

Xerente
A'uwe, Awen, Akwe, Akwen
1 814

Xokó
Xocó, Chocó
250

Xukuru
Xucuru
6 363

Yawalapiti
Iaualapiti
208

Yawanawá
-
450

Yudjá
Juruna, Juruhuna, Yuruna, Juruûna, Geruna, Yudya
278

Zuruahã
Zuruahá, Suruwaha, Sorowaha
144

Les peuples indigenes



Les peuples indigènes du Brésil (Povos indígenas en langue portugaise) comprennent un grand nombre de groupes ethniques distincts qui habitaient la région avant sa découverte par les européens aux environs de 1500. À la suite de Christophe Colomb, qui croyait avoir atteint les Indes orientales, les premiers explorateurs portugais les appelèrent Indiens, un nom encore unanimement utilisé au Brésil.


Les peuples indigènes au Brésil étaient surtout des tribus semi-nomades dont l'économie se basait sur la chasse, la pêche, la cueillette et l’agriculture de subsistance. Beaucoup des groupes qui existaient en 1500 disparurent comme une des conséquences de l’établissement des Européens et beaucoup ont été assimilés dans la population brésilienne.


Les populations indigènes ont décliné des 5 - 6 millions précolombiens à 100 000 en 1970. Seulement quelques tribus survivent dans leur culture originale dans des endroits retirés de la forêt amazonienne. Une nouvelle politique gouvernementale protège les subsistants depuis une cinquantaine d'années. La population indigène est remontée à 350 000 à 1991 puis à 700 000 lors du recensement de 2000.


Le nombre de personnes parlant une langue indigène est de 155 000 (nombre peut-être désactualisé). Le nombre de langues distinctes identifiées par les ethnologues pour le Brésil est de 235 dont 188 toujours vivantes. 215 peuples indiens sont actuellement identifiés, majoritairement localisés dans l'Ouest et le Nord amazonien.
L'héritage culturel des Indiens dans la culture brésilienne, bien que largement dilué, est aujourd'hui en voie de reconnaissance. Les colons européens leur ont notamment emprunté l'habitude de se baigner tous les jours ainsi que la domestication du manioc, nourriture typique des régions rurales.



Source: Wikipédia
http://fr.wikipedia.org/wiki/Peuple_indigène_du_Brésil


Etude

Il n’est pas aisé de définir les habitudes alimentaires les plus anciennes de la population brésilienne. Les travaux sur ce sujet sont très rares, ce qui est une indication du statut de la culture alimentaire au sein de cette société.
On peut dire que l'absence de réflexions qui se manifeste par la rareté des ouvrages témoigne de l’importance minime accordée historiquement à nos traditions alimentaires. Ainsi, il est possible de rencontrer dans des œuvres historiographiques générales quelques informations relatives à l’alimentation de la population brésilienne.
Au Brésil, le folkloriste Camara Cascudo a été l’un des rares auteurs qui ait consacré une importance majeure à la culture alimentaire. Contrairement aux auteurs qui ont traité l’alimentation comme un thème secondaire dans un contexte culturel, il a cherché, dans son ouvrage História da Alimentação no Brasil, à analyser la contribution des Indiens, des Africains et des Portugais dans la constitution de l’alimentation brésilienne.

La relation établie entre la population, la propriété de la terre et le travail agricole est fondamentale pour comprendre la pénurie alimentaire et les mœurs au Brésil.

Decouvertes

L’anthropologue Berta Ribeiro fait observer que les aliments, les boissons et quelques produits typiques au Brésil ont été, dans leur majorité, «découverts» par les Indiens.

Elle cite pour exemples «le manioc, le maïs, les patates douces, la tomate, le haricot, la noix du Brésil, l’arachide, le guaraná, l’herbe mate, la quinine, le caoutchouc et le coton».

Dans le Sud, les Indiens utilisaient les pommes de pin, le pinhão” et les cœurs de palmier.Sur tout le territoire, les fruits, comme le cajú, le cajá, le maracujá, l’imbu, la goyave, l’açaí, le cupuaçu, l’ananas, ainsi que le poivre occupent également une place très importante dans la nourriture.

Au XVIe siècle, selon Gilberto Freyre, la plupart des tribus étaient nomades et habitaient les forêts. Seules quelques-unes cultivaient leurs aliments, comme «le manioc, le cará, le maïs, le potiron, l’arachide et le mamão».

Relations

Chez les Indiens, on mettra en évidence la relation intime avec la nature et l’équilibre alimentaire qui en résulte.

Le mode de vie des Indiens a vraiment frappé quelques voyageurs, qui ont constaté que les sociétés indiennes avaient une manière de manger très particulière. En mangeant, les Indiens ne buvaient pas et ne parlaient pas non plus. Ils mangeaient très lentement, lorsque la nourriture était froide.

Les portugais

Après l'arrivée des Portugais, la civilisation développée par ces derniers entraîne une transformation radicale de l’équilibre alimentaire. En effet, le problème de la faim et celui de la crise alimentaire sont apparus à cette période. La civilisation portugaise s'est caractérisée par ses racines rurales, c’est-à-dire qu’elle a choisi de s’enrichir à partir de la grande propriété rurale et de la monoculture au moyen du travail des esclaves. Cependant, cette civilisation n’a pas été une civilisation typiquement agricole, liée à l'attachement à la terre et à la production des aliments pour la consommation.

Les africains

Plus tard, la culture noire, apportée par les esclaves, a été responsable de l’enrichissement de la nourriture. Leur créativité dans l’utilisation de plusieurs produits alimentaires, comme les légumes verts, l’huile de palme et le lait de coco, est remarquable.

Rituels

L’anthropophagie

Cannibalisme au Brésil en 1557 décrit par Hans Staden
L’anthropophagie rituelle paraît commune à tous les Indiens du groupe Tupi-Guarani.

L’Allemand Hans Staden a décrit cette habitude chez les Tupinambás.

On peut observer que le cannibalisme était une manière de manifester de l’hostilité aux ennemis.

Jean de Lery écrit à propos du cannibalisme: « ils ne pratiquent pas le cannibalisme, ainsi qu’on pourrait le penser, par égard à la nourriture : car, bien que tous confessent que cette chair humaine est merveilleusement bonne et délicate, ils le font plus par vengeance que pour le goût. ».

Étymologie de cannibalisme

Le cannibalisme, lorsqu'il concerne la consommation de viande humaine par des hommes, est également appelé anthropophagie, du grec anthropos (homme) et phagein (manger). Les deux termes peuvent s'utiliser indifféremment, mais les spécialistes distinguent parfois les deux expressions selon l'origine de la pratique (cannibalisme étant réservé aux peuples « sauvages »), selon ses modalités (le cannibalisme comporterait plus souvent un aspect rituel), ou encore selon la finalité de cette pratique (on emploierait de préférence l'un des termes s'il est question de survie, quand il s'agit de s'approprier les qualités de la victime, ou encore quand l'objectif consiste à effrayer les ennemis, etc.).

Le terme cannibale provient du mot caniba ou cariba utilisé par les Taïnos que Christophe Colomb a rencontrés lors de son premier séjour sur Hispaniola. Il désignait alors, selon Colomb, les redoutables populations de l'est de l'île qui combattaient les autres peuples indigènes et mangeaient leurs victimes. En débarquant à la Guadeloupe en novembre 1493, Colomb et son équipage ont découvert des ossements humains qu'ils ont alors attribués aux mêmes peuples Cariba, Caniba, devenus Caribales ou Canibales[1]. Le mot caraïbe fut alors employé pour désigner les autochtones des Petites Antilles mais aussi les anthropophages du Nouveau Monde, avant de se répandre en Europe et de prendre la forme cannibale dans le sens de « sauvage » mangeur d'homme. En 1572, Montaigne y consacre une partie du premier livre (I, 31) de ses Essais, et Shakespeare s'en inspire en 1611 pour créer le personnage maléfique de Caliban dans sa comédie La tempête.

On distingue l’endocannibalisme, qui consiste à manger les membres de son groupe humain, et l’exocannibalisme, qui consiste à manger des membres d'un autre groupe humain.


Les fêtes

Il faut noter que les aliments avaient une place centrale dans la vie de la tribu.
Différents rituels étaient des actions de grâce à la nature. La fête du miel, de la chasse, des fruits et de la récolte du maïs en constituent des exemples. Boire faisait aussi partie d'un rituel. Ainsi, les Indiens buvaient continuellement le cauim, leur breuvage, au cours des cérémonies qui pouvaient durer jusqu’à trois jours et trois nuits. Ils se trouvaient alors dans un état d’ivresse totale.


Racines

Pour comprendre les habitudes alimentaires au Brésil, il faut connaître l’histoire des aliments les plus consommés par les Indiens. Le groupe Tupi, constitué de nombreuses tribus (Carijó, Tamoio, Tupinambá, Tupiniquim, Tabajara potiguara, etc.), habitait sur le littoral lors du début de la colonisation portugaise au Brésil au XVIe siècle.

Le navigateur allemand Hans Staden, qui a fait naufrage dans le Nord-Est brésilien, a laissé un ouvrage daté de 1557. Dans ses impressions sur les Tupinambás, le manioc apparaît comme la principale source alimentaire. Les Indiens l'utilisaient dans la confection de plusieurs types de farine. Ils ont fait preuve d'une grande créativité dans l’utilisation de cette racine. Toute la plante était utilisée. Les feuilles étaient bouillies avec du poisson et de la viande, et le jus de la racine, le tucupí, était utilisé comme un condiment.
Pour Hans Staden, le manioc constituait l'aliment de base, comme le pain pour les Européens. Il était très utilisé même dans les boissons. C’est également le cas du chibé, qui était composé d'eau et de manioc, ainsi que du cauim, boisson fermentée fabriquée à partir du maïs et du manioc mâché par les femmes.
Jean de Lery appelle ainsi la racine qui n’était pas vénéneuse. En portugais, on la connaît sous le nom de aipim.
Outre cette racine, les aliments les plus utilisés étaient une autre racine appelée aypi (Manihot dulcis), les pommes de terre (Solanum), les patates douces (Ipomoea) et les carás (Dioscorea).

Habitudes

Les animaux

En ce qui concerne les animaux, les Indiens se nourrissaient seulement des produits de la chasse et de la pêche. Ils ne consommaient pas les animaux d’élevage.
Les habitudes alimentaires
On peut relever des différences dans les habitudes alimentaires selon les régions.
Dans la forêt équatoriale et à côté des grands fleuves, le manioc était l’aliment principal.
Dans la savane, la consommation du maïs et des patates était prépondérante.
Si, en Amazonie le maïs était presque inconnu, dans le Sud du pays, il constituait une source alimentaire privilégiée sous ses différents aspects et différentes couleurs : jaune, blanc ou violet.
Toutefois, Camara Cascudo signale qu’au Brésil, le rôle du maïs dans la nourriture a été moins important que dans les sociétés indiennes d'Amérique centrale.
Les boissons
Nunes Pereira relate que «les Mundurucu et les Maué fabriquaient du sapó, avec les graines râpées. Ils fabriquaient une boisson tonique et rafraîchissante». Selon lui, cette boisson était aphrodisiaque et magique.
Le "chá mate"
«Les Guarani étaient de grands adorateurs des arbres et la plante bénéfique et protectrice du CAÃ (mate) était leur boisson préférée. Celle-ci était utilisée des Pampas jusqu’aux colonies de Santa Catarina et du Paraná.
Cette habitude est conservée aujourd’hui dans d’autres régions du pays qui ont accueilli des immigrés du Sud.

Harmonie

L'harmonie avec la nature

André Thevet, en comparant les Indiens aux hommes blancs, a critiqué ces derniers, qui mangeaient trop vite en faisant du bruit.

Jean de Lery : «Les sauvages d’Amérique, habitant la terre du Brésil ne sont pas plus grands, pas plus gros ou plus petits de stature que nous sommes en Europe ; ils n’ont donc le corps ni monstrueux, ni prodigieux par rapport à nous. Ils sont même plus forts, plus robustes et replets, plus dispos, moins sujets à la maladie : et même il n’y a presque point de boiteux, borgnes, contrefaits ni mal faits chez eux»,

Un autre aspect très intéressant, et qui révèle l’harmonie des Indiens avec la nature, est le fait qu’ils mangeaient seulement quand ils avaient faim. Ils étaient très sobres dans leur alimentation et ils ne faisaient pas d’excès, contrairement aux hommes blancs.


La fabrication très simple des plats était une caractéristique de ces sociétés. Camara Cascudo signale que les aliments étaient généralement rôtis. Les Indiens faisaient rarement bouillir les aliments et le processus de faire frire leur était inconnu.

Darcy Ribeiro, qui a vécu dix ans chez les Indiens, précise que c'est la première caractéristique qui l’a enchanté : «Il n’est pas imaginable que quelqu’un qui a chassé quelque chose ne partage pas la nourriture avec tout le monde. » On peut comprendre que cette qualité fait partie d'un contexte qui exprime un état d’harmonie avec l’environnement : «le but premier de l’Indien n’est pas d’arriver à l’utilité mais à la beauté.

Un Indien qui fait un tamis fournit beaucoup plus de travail qu’il n’est nécessaire pour que l’objet puisse tamiser. Tout ce que fait l’Indien, il le fait à la perfection ».
A propos de leur sagesse, il dit : «pour les Indiens, aucun arbre n’est seulement un bois, aucun animal n’est seulement une bête». Les Indiens considèrent tous les êtres vivants comme leurs égaux.

Les techniques de conservation

Ils connaissaient des techniques de conservation pour les aliments de longue durée. Le sel était inconnu de la majorité des groupes. Pour retirer l’humidité du poisson et du gibier, ils utilisaient une sorte de gril, le moquém.

Hans Staden décrit ainsi ce processus : «ils laissent le poisson ou la viande sur de petits bâtons à cinquante centimètres du feu. L’aliment reste là jusqu’à ce qu’il soit entièrement sec».

La farine

Ils avait l’habitude de fabriquer une farine en utilisant des poissons bien grillés et ils la mangeaient avec le manioc. Dans la région Nord, c’est encore une habitude aujourd’hui de consommer du piracuí (farine à base de poisson acarí) pendant la période où la pêche n’est pas favorable.

Les rôles des femmes

Les auteurs montrent que les femmes ont un rôle très important en ce qui concerne la nourriture. Ce sont elles qui s’occupent de cultiver la terre et qui effectuent les tâches liées à la fabrication de différents types de farine. Elles assurent aussi la fabrication de plusieurs boissons alcoolisées, comme le cauim. Les ouvrages indiquent que les femmes s'occupent des enfants. Elles doivent aussi fabriquer tous les ustensiles de cuisine, les tissus, les hamacs et les sacs.

Le partage

En ce qui concerne la nourriture, la contribution la plus importante apportée par les Indiens concerne la façon de manger, c’est-à-dire la socialisation et l’harmonie du groupe à travers le partage des aliments. Il faut souligner que chez les Indiens, le sentiment communautaire est la base de la structure sociale.

Joaquim Ribeiro suggère que les Tupis «avaient la conscience sociale des tâches. Toutes les personnes travaillaient pour la tribu». Ainsi, dans l'acte de se nourrir, la solidarité est une règle.

Hans Staden présente la description suivante : «Ils sont très bons entre eux, et par exemple celui qui a de la nourriture va la partager». Dans le même sens, le prêtre João Daniel écrit : «Il y a une louable habitude chez les Indiens, c’est la grande charité qu’ils ont les uns envers les autres à table pour que tous puissent manger également, que ce soit peu ou beaucoup. Ainsi, il semble qu’il n’y ait pas la notion de propriété mais, au contraire, le sentiment que toutes les choses sont communes».

Berta Ribeiro, dans un entretien avec Claude Lévi-Strauss, affirme que : «dans nos sociétés (occidentales) tout est divisé». Notre culture est fondée sur la fragmentation alors que, dans les sociétés indiennes, "tout est mélangé". « chaque acte, chaque objet, chaque institution de la société est toujours une unité». La vision du monde des Indiens était fondée sur la division égalitaire des richesses naturelles et non sur l’accumulation .

La faim

Ainsi, on peut en conclure que la faim n’a pas existé dans ces sociétés. Au contraire, ces peuples sont présentés dans les descriptions comme sains et robustes. Faisant intimement partie de la nature, les Indiens reflétaient dans leurs corps l’exubérance du milieu.

La faim est apparue plus tard, quand les Portugais ont commencé à intensifier la culture de la canne à sucre.

La culture alimentaire des sociétés indigènes

Il n’est pas aisé de définir les habitudes alimentaires les plus anciennes de la population brésilienne. Les travaux sur ce sujet sont très rares, ce qui est une indication du statut de la culture alimentaire au sein de cette société. On peut dire que l'absence de réflexions qui se manifeste par la rareté des ouvrages témoigne de l’importance minime accordée historiquement à nos traditions alimentaires. Ainsi, il est possible de rencontrer dans des œuvres historiographiques générales quelques informations relatives à l’alimentation de la population brésilienne. Au Brésil, le folkloriste Camara Cascudo a été l’un des rares auteurs qui ait consacré une importance majeure à la culture alimentaire. Contrairement aux auteurs qui ont traité l’alimentation comme un thème secondaire dans un contexte culturel, il a cherché, dans son ouvrage História da Alimentação no Brasil[1], à analyser la contribution des Indiens, des Africains et des Portugais dans la constitution de l’alimentation brésilienne.
La relation établie entre la population, la propriété de la terre et le travail agricole est fondamentale pour comprendre la pénurie alimentaire et les mœurs au Brésil.
Chez les Indiens, on mettra en évidence la relation intime avec la nature et l’équilibre alimentaire qui en résulte. Après l'arrivée des Portugais, la civilisation développée par ces derniers entraîne une transformation radicale de l’équilibre alimentaire. En effet, le problème de la faim et celui de la crise alimentaire sont apparus à cette période. La civilisation portugaise s'est caractérisée par ses racines rurales, c’est-à-dire qu’elle a choisi de s’enrichir à partir de la grande propriété rurale et de la monoculture au moyen du travail des esclaves. Cependant, cette civilisation n’a pas été une civilisation typiquement agricole, liée à l'attachement à la terre et à la production des aliments pour la consommation.[1] Plus tard, la culture noire, apportée par les esclaves, a été responsable de l’enrichissement de la nourriture. Leur créativité dans l’utilisation de plusieurs produits alimentaires, comme les légumes verts, l’huile de palme et le lait de coco, est remarquable.
Pour comprendre les habitudes alimentaires au Brésil, il faut connaître l’histoire des aliments les plus consommés par les Indiens. Le groupe Tupi, constitué de nombreuses tribus (Carijó, Tamoio, Tupinambá, Tupiniquim, Tabajara potiguara, etc.), habitait sur le littoral lors du début de la colonisation portugaise au Brésil au XVIe siècle.[1]
Le navigateur allemand Hans Staden, qui a fait naufrage dans le Nord-Est brésilien, a laissé un ouvrage daté de 1557. Dans ses impressions sur les Tupinambás,[1] le manioc apparaît comme la principale source alimentaire[2]. Les Indiens l'utilisaient dans la confection de plusieurs types de farine. Ils ont fait preuve d'une grande créativité dans l’utilisation de cette racine.[3] Toute la plante était utilisée. Les feuilles étaient bouillies avec du poisson et de la viande,[4] et le jus de la racine, le tucupí, était utilisé comme un condiment. Pour Hans Staden, le manioc constituait l'aliment de base, comme le pain pour les Européens.[5] Il était très utilisé même dans les boissons. C’est également le cas du chibé, qui était composé d'eau et de manioc, ainsi que du cauim, boisson fermentée fabriquée à partir du maïs et du manioc mâché par les femmes.
Outre cette racine, les aliments les plus utilisés étaient une autre racine appelée aypi [1](Manihot dulcis), les pommes de terre (Solanum), les patates douces (Ipomoea) et les carás (Dioscorea).[2] L’anthropologue Berta Ribeiro fait observer que les aliments, les boissons et quelques produits typiques au Brésil ont été, dans leur majorité, «découverts» par les Indiens. Elle cite pour exemples «le manioc, le maïs, les patates douces, la tomate, le haricot, la noix du Brésil, l’arachide, le guaraná[3], l’herbe mate[4], la quinine, le caoutchouc et le coton».[5] Dans le Sud, les Indiens utilisaient les pommes de pin, le pinhão” et les cœurs de palmier.[6] Sur tout le territoire, les fruits, comme le cajú, le cajá, le maracujá, l’imbu, la goyave, l’açaí, le cupuaçu, l’ananas, ainsi que le poivre occupent également une place très importante dans la nourriture. Au XVIe siècle, selon Gilberto Freyre, la plupart des tribus étaient nomades et habitaient les forêts. Seules quelques-unes cultivaient leurs aliments, comme «le manioc, le cará, le maïs, le potiron, l’arachide et le mamão».[7] En ce qui concerne les animaux, les Indiens se nourrissaient seulement des produits de la chasse et de la pêche. Ils ne consommaient pas les animaux d’élevage.[8] On peut relever des différences dans les habitudes alimentaires selon les régions. Dans la forêt équatoriale et à côté des grands fleuves, le manioc était l’aliment principal. Dans la savane, la consommation du maïs et des patates était prépondérante.[9] Si, en Amazonie le maïs était presque inconnu, dans le Sud du pays, il constituait une source alimentaire privilégiée sous ses différents aspects[10] et différentes couleurs : jaune, blanc ou violet.[11] Toutefois, Camara Cascudo signale qu’au Brésil, le rôle du maïs dans la nourriture a été moins important que dans les sociétés indiennes d'Amérique centrale.
L’anthropophagie rituelle paraît commune à tous les Indiens du groupe Tupi-Guarani.[1] L’Allemand Hans Staden a décrit cette habitude chez les Tupinambás.[2] On peut observer que le cannibalisme était une manière de manifester de l’hostilité aux ennemis.[3] Il faut noter que les aliments avaient une place centrale dans la vie de la tribu. Différents rituels étaient des actions de grâce à la nature. La fête du miel, de la chasse, des fruits et de la récolte du maïs en constituent des exemples. Boire faisait aussi partie d'un rituel. Ainsi, les Indiens buvaient continuellement le cauim, leur breuvage, au cours des cérémonies qui pouvaient durer jusqu’à trois jours et trois nuits. Ils se trouvaient alors dans un état d’ivresse totale.[4] Le mode de vie des Indiens a vraiment frappé quelques voyageurs, qui ont constaté que les sociétés indiennes avaient une manière de manger très particulière. En mangeant, les Indiens ne buvaient pas et ne parlaient pas non plus.[5] Ils mangeaient très lentement, lorsque la nourriture était froide.
*** [1] Hans Staden décrit ainsi ce processus : «ils laissent le poisson ou la viande sur de petits bâtons à cinquante centimètres du feu. L’aliment reste là jusqu’à ce qu’il soit entièrement sec», op. cit., p. 164. [2] Ibid., p. 159. [3] Jean de Lery, op. cit., pp. 117-126. [4] L’auteur exprime sa vision des Botocudos. Jean-Baptiste Debret, Viagem pitoresca e historica ao Brasil. Traduit du français par Sérgio Milliet, Belo Horzonte, ed. Itatiaia, São Paulo, ed. da U.S.P., 1978, pp. 38-39. [5] A história da alimentação no período colonial. Rio de Janeiro, S.A.P.S., 1952, p. 15 [6] Darcy Ribeiro, qui a vécu dix ans chez les Indiens, précise que c'est la première caractéristique qui l’a enchanté : «Il n’est pas imaginable que quelqu’un qui a chassé quelque chose ne partage pas la nourriture avec tout le monde. » On peut comprendre que cette qualité fait partie d'un contexte qui exprime un état d’harmonie avec l’environnement : «le but premier de l’Indien n’est pas d’arriver à l’utilité mais à la beauté. Un Indien qui fait un tamis fournit beaucoup plus de travail qu’il n’est nécessaire pour que l’objet puisse tamiser. […] Tout ce que fait l’Indien, il le fait à la perfection ». A propos de leur sagesse, il dit : «pour les Indiens, aucun arbre n’est seulement un bois, aucun animal n’est seulement une bête». Les Indiens considèrent tous les êtres vivants comme leurs égaux (« Projetos e delírios », Correio Braziliense, 18/02/97, p. 12). [7] Op. cit., p. 167. [8] Thezouro descoberto no máximo rio amazonas. Cité par Nunes Pereira, op. cit., p. 24. [9] Cité par Washington Novaes, "O índio e a modernidade". In : L. D. B. Grupioni (org.), Índios no Brasil, op. cit., p. 191. [10] Marilena Chauí, cité par Washington Novaes, ibid., p. 192. [11] Joaquim Ribeiro, op. cit., p. 25. [12] Ibid., p. 25., ainsi qu'une description de Jean de Lery : «Les sauvages d’Amérique, habitant la terre du Brésil […] ne sont pas plus grands, pas plus gros ou plus petits de stature que nous sommes en Europe ; ils n’ont donc le corps ni monstrueux, ni prodigieux par rapport à nous. Ils sont même plus forts, plus robustes et replets, plus dispos, moins sujets à la maladie : et même il n’y a presque point de boiteux, borgnes, contrefaits ni mal faits chez eux», op. cit., p. 105. Voir aussi Maria José de Queiros, op. cit., p. 29.
[1] Henyio T. Barreto Filho, op. cit., p. 22. [2] Op. cit., pp. 7-8. Voir aussi Jean de Lery, op. cit., pp. 173-182. [3] Jean de Lery écrit à propos du cannibalisme: « ils ne pratiquent pas [le cannibalisme], ainsi qu’on pourrait le penser, par égard à la nourriture : car, bien que tous confessent que cette chair humaine est merveilleusement bonne et délicate, ils le font plus par vengeance que pour le goût. », op. cit., p. 177. [4] Ibid., pp. 122-123. [5] Ibid., p. 123. [6] André Thevet, op. cit., cité par M. J. de Queiros, A comida e a cozinha, ou, Iniciação à arte de comer Rio de Janeiro, Forense-Universitária, 1988, p. 25. [7] Jean de Lery, op. cit., p. 123. [8] Ibid., p. 99.
**** [1] Jean de Lery appelle ainsi la racine qui n’était pas vénéneuse. En portugais, on la connaît sous le nom de aipim, Histoire d’un voyage fait en la terre de Brésil, Paris, Ed. Plasma, 1980, p. 117. [2] Camara Cascudo, op. cit., p. 92. [3] Nunes Pereira relate que «les Mundurucu et les Maué fabriquaient du sapó, avec les graines râpées. Ils fabriquaient une boisson tonique et rafraîchissante». Selon lui, cette boisson était aphrodisiaque et magique. Panorama Alimentar Indígena. Rio de Janeiro, Ed. Livraria São José, 1974, p. 13. [4] «Les Guarani étaient de grands adorateurs des arbres et la plante bénéfique et protectrice du CAÃ (mate) était leur boisson préférée. Celle-ci était utilisée des Pampas jusqu’aux colonies de Santa Catarina et du Paraná, ibid., p. 13. Cette habitude est conservée aujourd’hui dans d’autres régions du pays qui ont accueilli des immigrés du Sud. [5]

1500-1700

Les Arawak, Caraïbes et Tupi-Guarani furent les premiers habitants de l’actuel Brésil; ils étaient établis au nord, sur la côte est et le bassin amazonien. La plupart de ces autochtones étaient des semi-nomades et vivaient de chasse, de cueillette et d’une agriculture primaire.

Avant l’arrivée des Européens, on estime que les populations amérindiennes comptaient au moins cinq millions d’individus répartis en un nombre infini de tribus. Ces peuples parlaient des langues et avaient des cultures différentes. Les groupes qui parlaient les langues de la famille tupi-guarani vivaient le long du littoral de la côte est et dans le proche arrière-pays. Par ailleurs, plusieurs tribus parlant des langues appartenant aux familles macro-ge, arawak et yanomamis vivaient davantage à l'intérieur des terres.

La colonisation européenne

La «découverte» du Brésil daterait de 1498 par le navigateur Duarte Pacheco Pereira, mais il semble que les Portugais connaissaient déjà l'existence de cette terre depuis quelques années. Il fut suivi par l'Espagnol Vicente Yáñez Pinzón. Il accosta près du site de l’actuelle ville de Recife, le 26 janvier 1500. Il navigua ensuite le long de la côte, vers le nord, jusqu’à l’embouchure du fleuve Orénoque. Cependant, en vertu des décisions du traité de Tordessillas (1494), qui modifiait la ligne de partage instaurée en 1493 par le pape Alexandre VI pour délimiter les empires portugais et espagnol, le nouveau territoire fut attribué au Portugal. L’Espagne ne revendiqua donc pas la découverte de Pinzón.

En avril 1500, le navigateur portugais Pedro Álvares Cabral (1467-1520) atteignit lui aussi les côtes brésiliennes. Il proclama officiellement la région possession du Portugal. Le territoire fut nommé Terra da Vera Cruz (en portugais, « Terre de la Vraie Croix »). En 1501, au nom du gouvernement portugais, le navigateur italien Americo Vespucci (1452-1512) mena une expédition dans ce nouveau territoire. Au cours de ses explorations, Vespucci reconnut et baptisa un grand nombre de lieux, dont la baie de Rio de Janeiro. Il revint au Portugal avec du bois de Pernambouc appelée aussi pau-brasil. La Terra da Vera Cruz prit, à partir de ce moment, le nom de Brasil (Brésil).

En 1530, le roi du Portugal, Jean III le Pieux, entreprit un programme de colonisation systématique du Brésil. Il fit diviser le territoire en 15 districts, appelés capitaineries (capitanias), confiés à perpétuité aux notables de la cour du Portugal, désignés sous le nom de donatarios, et investis de pouvoirs considérables sur leurs nouveaux domaines américains.

Dès le début de la colonisation, les jésuites ont été chargés de christianiser les autochtones dans les nouvelles terres. Ils ont écrits plusieurs grammaires des langues autochtones et on élaboré une nouvelle langue — le nhengatu — pour l'utiliser comme langue véhiculaire entre les Européens et les autochtones. Cette langue, qui a été employée concurremment au portugais, a servi de langue véhiculaire lors des premiers contacts et, avec le temps, elle s'est répandue dans tout le territoire, jusqu'à la cordillère des Andes sur la côte du Pacifique.

On peut imaginer que le nhengatu serait facilement parvenue à une «langue générale» («língua geral») dans toute la colonie portugaise en Amérique si, en 1757, le roi du Portugal, à la demande du marquis de Pombal, ne l'avait pas simplement interdit dans toute la colonie.

L'occupation du territoire qui correspond aujourd'hui au Brésil s'est faite aux dépens des autochtones. Dès que ces derniers tentaient de s’opposer au pillage de leurs territoires, ils étaient massacrés sans merci. Quand ils n’étaient pas exterminés par les Européens qui ne les considéraient que comme des «sauvages», les maladies propagées par l'homme blanc, telles que la grippe, la coqueluche, la rougeole, la variole, la syphilis, la tuberculose, etc., se chargeaient du reste. En un siècle, les populations indigènes, les premiers habitants de la grande colonie portugaise d'Amérique, ont vu leur nombre fondre de 90 %.

En 1549, le gouvernement portugais mit sur pied un pouvoir central sous l’autorité d’un gouverneur fixé à Salvador de Bahia, alors la capitale. Il réforma complètement l’administration et la justice. Pour protéger le pays de la menace française et anglaise, il établit un système de défense côtière (construction des forts). L’importation de nombreux esclaves africains permit de pallier la pénurie de main-d’œuvre locale.

La majorité de ces esclaves provenaient des ethnies bantous et yorouba (habitant ce qu'on appelle aujourd’hui le Nigeria et le Bénin) pour travailler dans la culture de la canne à sucre et, plus tard, dans les mines d'or et de diamants, ainsi que dans les plantations de café dans le sud du Brésil.

1700-1800

Le processus d'intégration raciale, qui s'était développé entre les Européens et les Amérindiens en l'absence de tout contrôle gouvernemental au sein de communautés isolées sur de vastes territoire, s'est étendu rapidement aux esclaves noirs et aux Amérindiens.

En 1757, l'utilisation de la langue nhengatu comme comme língua geral fut interdite par une Provisão Real (la «vraie disposition») du gouvernement portugais. Il faut dire que le tupi était déjà supplanté par le portugais en raison de l’arrivée massive des immigrants de la Métropole.

Avec l'expulsion des jésuites en 1759, le portugais s'est définitivement fixé comme la língua geral du Brésil. Dès cette époque, le portugais brésilien s’est enrichi de mots relatifs à la faune et la flore (ananas, manioc, acajou, tatou, piranha), ainsi que des noms géographiques. Étant donné que le Portugal possédait un régime colonial particulièrement étendu, le métissage de la population est apparu comme une bonne solution pour assurer le contrôle du territoire. Les Portugais se sont volontairement orientés vers cette solution par des mariages entre Blancs et «femmes de couleur». Cette situation a toujours permis à Lisbonne de disposer d’une population qui lui fut fidèle.

L’Église catholique elle-même ne s'est pas engagée à décourager les actes inhumains qu'impliquait l'esclavage des Noirs. Pour le père Manuel da Nóbrega, l'un des jésuites les plus illustres du Brésil, l'esclavage se justifiait dans la mesure où il y avait des hommes dans le monde dont le destin était d'être esclaves.

C’est durant cette période, en 1554 exactement, que fut fondée, au sud du pays, la ville de São Paulo, et en 1567, la ville de Rio de Janeiro.

Le pouvoir espagnol et les incursions hollandaises.

En 1580, Philippe II, roi d’Espagne, hérita de la couronne du Portugal. Cette période d’union des royaumes d’Espagne et du Portugal dura jusqu’en 1640. Durant ce temps, les Britanniques et les Hollandais tentèrent de prendre possession du Brésil. En 1624, une flotte hollandaise s’empara de Bahia, mais ne put conserver la ville plus d’un an. Les Hollandais reprirent leurs attaques en 1630 et occupèrent Pernambuco (aujourd’hui Recife), et Olinda, puis d’autres territoires côtiers.

La partie du Brésil occupée par les Hollandais prospéra durant plusieurs années. En 1640, le Portugal redevint indépendant de l’Espagne. Les colons portugais du Brésil se rebellèrent contre le pouvoir hollandais et, après une dizaine d’années de luttes, les Pays-Bas capitulèrent et renoncèrent en 1661 à toute revendication territoriale sur le Brésil.

La langue parlée par les Hollandais, le néerlandais, n’eut aucune influence sur les colons portugais.

Le rétablissement de la colonie portugaise

Une fois revenu sous la souveraineté portugaise, le Brésil devint une vice-royauté. Espagnols et Portugais vécurent alors pacifiquement en Amérique du Sud, chacun sur leurs territoires.

L’expansion portugaise se propagea vers l’intérieur des terres, ce qui provoqua des frictions avec les populations indigènes parce que les Portugais voulurent asservir ces populations. La ruée vers l’or qui s’ensuivit fit venir des dizaines de milliers de colons portugais au Brésil; la croissance économique fut accélérée par la découverte de diamants en 1721 puis, peu après, par l’essor grandissant des cultures de canne à sucre et de café. Le pays avait besoin de milliers d’esclaves pour assurer la prospérité de la colonie, les indigènes s’étant révélés incapables de travailler comme esclaves.

Avec le courant d'esclaves apportés de la Afrique, la langue parlée dans la colonie du Brésil reçut de nouvelles «contributions» linguistiques, notamment des peuples originaires de l’Angola, une autre possession portugaise d’Afrique.

En 1750, le traité de Madrid entre l’Espagne et le Portugal entérina les revendications brésiliennes sur un vaste territoire à l’ouest des limites définies autrefois par le traité de Tordesillas. Le traité de Madrid fut annulé par la suite, mais ses principes furent repris et appliqués dans le cadre du traité d’Ildefonso signé en 1777.

Sous le règne du roi Joseph Ier du Portugal, le Brésil connut de nombreuses réformes à l’instigation du secrétaire aux Affaires étrangères, le marquis de Pombal. Celui-ci centralisa l’appareil gouvernemental brésilien dont le siège fut transféré de Bahia à Rio de Janeiro en 1763.

Trois ans auparavant, en 1760, Pombal avait expulsé les jésuites du Brésil. Officiellement, les populations locales auraient demandé de renvoyer les jésuites, mais en réalité ces derniers étaient devenus avec leurs missions indiennes de gros concurrents économiques pour les colons portugais. Il devenait nécessaire de se débarrasser d’eux. En 1798, le Brésil avait 3,2 millions d'habitants dont 1,6 million d'esclaves, soit la moitié de la population.

En matière de politique linguistique, le Brésil peut témoigner d'une longue tradition d'interdiction linguistique. Dès 1727, une loi portugaise — la Provisão Real (la «vraie disposition») — interdit l'emploi du tupi-guarani, la «langue générale» qui servait de langue véhiculaire entre Blancs et «Indiens». L'État d'Espérito Santo imposa même des peines de prison à ceux qui employaient une autre langue que le portugais. Une loi de l'État de Sao Paulo (1850) alla jusqu'à interdire les «langues indiennes» à la campagne.

Ces faits illustrent simplement que le Brésil a pratiqué pendant la période coloniale une politique de destruction systématique des langues amérindiennes, dont les effets se constatent aujourd'hui.

1808-1889

Le transfert de la cour du Portugal au Brésil (1808-1821).

Les guerres napoléoniennes exercèrent une influence profonde sur l’histoire du Brésil.

Lorsque Napoléon, en 1807, traversa avec son armée la frontière hispano-portugaise, le prince Jean, régent du Portugal, accompagné de presque toute la Cour, s’enfuit vers le Brésil. Le gouvernement royal du Portugal fut ainsi installé à Rio de Janeiro. La présence de la cour du Portugal eut pour effet de rapprocher les deux variétés de portugais employées de part et d’autre de l’Atlantique. L'arrivée de 20 000 membres de la famille royale du Portugal et du régent à Rio exerça une grande influence dans la langue portugaise.

Le portugais européanisant de Rio de Janeiro devint alors le modèle linguistique pour toutes les grandes villes du Brésil. L'aristocratie portugaise imposa l'unilinguisme de la langue «standard» dans tout le système d'enseignement ainsi que dans l'administration, et interdit carrément l'usage des autres langues. Sous l’autorité du régent, de nombreux établissements d’enseignement supérieur furent créés, tous en langue portugaise d’Europe. La ville de Rio de Janeiro imposa ainsi son hégémonie linguistique à tout le Brésil.

En mars 1816, le prince Jean devint roi du Portugal sous le nom de Jean VI dit «le Clément». La popularité du roi du Portugal au Brésil finit par baisser dramatiquement. D'abord, le gouvernement royal s’avéra incompétent et corrompu, puis le sentiment républicain largement répandu au Brésil après la Révolution française gagna une grande popularité, surtout que les colonies espagnoles voisines devenaient peu à peu indépendantes. Dès 1816, le roi Jean VI dut intervenir militairement pour contrer l’action de révolutionnaires hispano-américains.

À ce moment, le Brésil comptait 3,6 millions d'habitants dont 1,9 million d'esclaves, dont les Africains nés en Afrique et ceux nés au Brésil. Entre 1790 et 1830, par le seul port de Rio de Janeiro, plus de 700 000 esclaves entrèrent au pays; ils fournirent la capitale, mais aussi les régions du sud-est et du sud du Brésil.

Au Portugal, une vive opposition se manifestait contre les velléités autonomistes du Portugal. Le roi dut rentrer au Portugal en 1821, mais nomma son second fils, Dom Pedro, régent du Brésil avec le titre de vice-roi. L’Assemblée portugaise — les Cortes — adopta plusieurs lois destinées à redonner au Brésil son ancien statut de colonie. Le régent Dom Pedro fut sommé de rentrer en Europe.

Devant les protestations des Brésiliens, Dom Pedro annonça au roi son refus de quitter le Brésil. En juin 1822, il fit convoquer une Assemblée constituante et proclama unilatéralement l’indépendance du Brésil. La Haute-Chambre de l’Assemblée constituante fit de Dom Pedro l’empereur du Brésil sous le nom de Pierre Ier. À la fin de 1823, toutes les troupes portugaises stationnées au Brésil durent se rendre au nouveau régime.

L'Empire brésilien.

Pierre Ier ne fut pas populaire très longtemps. Régnant en dictateur, il s’attira l’opposition de l’Assemblée constituante qu’il dut dissoudre. En 1825, le Brésil entra en guerre contre l’Argentine; défaits en 1827, les Brésiliens durent accorder l’indépendance à l’Uruguay. La fin de la décennie vit la montée de l’opposition populaire contre Pierre Ier, qui abdiqua en 1831 en faveur de Pierre II, son héritier présomptif âgé de cinq ans.

La première Constitution brésilienne — l’acte institutionnel de 1824 — ignora totalement l'existence des communautés autochtones. La seule préoccupation du gouvernement impérial fut de promouvoir la catéchèse et de regrouper les «Indiens» dans des «fondations coloniales», ce qui facilitait d’autant l'appropriation de leur terres.

Pendant les dix années qui suivirent, le Brésil fut donc soumis à l’autorité d’une régence marquée par de fréquents soulèvements et révoltes. En juillet 1840, le Parlement brésilien proclama la majorité de Pierre II qui put donc prendre la tête de l’État. Son règne, qui dura près d’un demi-siècle (jusqu'en 1889), fut exceptionnel, tant il se révéla un monarque compétent.

Non seulement la production nationale fut multipliée par dix, mais la croissance démographique augmenta considérablement. Le mélange ethnique s’est poursuivi avec l’arrivée de milliers d’immigrants européens qui s’installèrent dans le centre et le sud du pays.

Étant donné que l’esclavage était déjà condamné vers 1845 et que l’industrialisation de l’économie créait une demande de main d’œuvre de plus en plus grande, le gouvernement pratiqua une politique d’immigration à grande échelle, notamment auprès des Italiens; la plupart de ces derniers s’installèrent à Sao Paulo. Néanmoins, le Portugal est resté la source la plus importante de d’immigrants vers le Brésil, avec l'Italie puis le Liban.

En 1853, Pierre II interdit le débarquement d’esclaves noirs. Quelques années plus tard, une campagne en faveur de l’émancipation fut lancée à travers tout le pays. À cette époque, le Brésil comptait 2,5 millions d’esclaves. Les abolitionnistes remportèrent leur première victoire en 1871, lorsque le Parlement approuva une loi affranchissant les enfants nés d’une mère esclave. Les esclaves de plus de 60 ans furent libérés en 1885 et, en mai 1888 — par la loi Áurea — l’esclavage fut définitivement aboli. Les immigrants continuèrent d’affluer vers le Brésil: les Italiens étaient devenus en 1877 la communauté majoritaire, avec même trois Italiens pour un Brésilien, ce qui, on s’en doute, favorisa les emprunts à la langue italienne dans le portugais brésilien.

À la même époque, un sentiment républicain se développa dans le pays, notamment en raison des sacrifices endurés lors de la guerre contre le Paraguay. Ces différents facteurs conduisirent à l’instauration de la première république.