Spiritualité


Les communautés yanomami croient en l'esprit de la forêt qui leur donne tout ce dont ils ont besoin pour vivre et avec laquelle ils essaient de vivre en meilleur harmonie et osmose possible, en ne prélevant que le minimum vital pour ne pas lui nuire et la préserver du mieux possible.

Les Yanomamis ont des guérisseurs, sorciers shamans pour leur permettre de se soigner et de communiquer avec "l'esprit de la foret" par l'intermédiaire des plantes psychotropes magiques Le chamanisme est, avec les rites funéraires et guerriers un des piliers culturels de la société Yanomami. Les sessions chamaniques individuelles ou collectives y constituent une activité aussi régulière que spectaculaire. La plupart des maisons collectives comptent plusieurs chamans. On dit qu’un futur chaman est habité depuis l’enfance part des rêves étranges induits par le regard des esprits posés sur lui. Il devra, une fois adulte, apprendre à les voir et à les appeler. L’initiation se déroule sur plusieurs semaines. Jour après jour, ils inhalent un puissant hallucinogène : la poudre yakoana. Durant cette transe, leur corps est dépouillé, mis en pièces, lavé et orné par les esprits xapiripë, avant d’être retourné puis recomposé. Ils apprennent alors sous la conduite des anciens à répondre aux chants des xapiripë, et à les enrôler à titre d’esprit auxiliaire. Ces esprits sont représentés sous la forme d’humanoïdes miniatures, couverts d’ornements cérémoniels colorés et lumineux. Ils sont en majorité des « images » des ancêtres animaux du temps des origines (pas les animaux actuels). Les images-esprits peuvent être aussi des végétaux, des personnages mythologiques (animaux ou non), des entités cosmiques telles que la lune ou le soleil, mais encore aussi des xapiripë domestiques comme le chien ou le feu.

‘Nous, les Yanomami, nous apprenons avec les grands shapiri (esprits chamaniques). Nous apprenons à les connaître, à les voir, à les écouter. Seuls ceux qui connaissent les shapiri peuvent les voir parce qu’ils sont très petits et brillent comme des lumières. Il y en a beaucoup, beaucoup, pas qu’un peu mais des quantités, des milliers comme des étoiles. Ils sont beaux, décorés avec des plumes de perroquet, peints avec du roucou (pâte rouge extraite d’une baie). D’autres ont des pendants d’oreille et sont peints en noir. Ils dansent très bien et chantent différents chants. Les Blancs croient que lorsque nous faisons des séances de chamanisme nous chantons. Mais nous ne chantons pas; nous accompagnons la musique et les chants. Ce sont des chants différents : ceux de l’ara, du perroquet, du tapir, de la tortue, de l’aigle, et ceux des oiseaux, qui ont tous des chants différents. C’est comme ça que sont les shapiri. Il est difficile de les voir.’

‘Qui que soit le chamane, il doit les accepter, les connaître. Tu dois tout quitter, tu ne peux plus manger ta nourriture, tu ne peux plus boire de l’eau, t’approcher des femmes, de la fumée du feu ou des enfants qui jouent et qui font du bruit – parce que les shapiri veulent vivre en silence. Ils vivent autrement que nous, ce sont d’autres gens. Certains vivent dans le ciel, d’autres sous la terre, d’autres dans les montagnes couvertes de forêts et de fleurs. Certains vivent dans les rivières, dans la mer, dans les étoiles ou dans la lune ou le soleil. Omame (le créateur) les a choisis parce qu’ils sont bons pour le travail, pas le travail dans les jardins mais le travail du chamanisme, de la guérison des maladies des gens. Ils sont beaux mais très difficiles à voir. Les shapiri veillent sur tout, les shapiri veillent sur le monde.’ Davi Yanomami, chamane de la communauté Watoriki-Theri (les gens de la montagne venteuse).

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